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« Si j’étais seul malade, je n’en dirais rien ; mais comme il y en a beaucoup d’autres que moi qui souffrent du même mal, j’écris pour ceux-là, sans trop savoir s’ils y feront attention ; car dans le cas où personne n’y prendrait garde, j’aurai encore retiré ce fruit de mes paroles de m’être mieux guéri moi-même (…)« 

Il y a quelques temps, j’ai été rongée d’un mal être innommable. Comme un point noir qui grossit, comme un tas de vêtements qui s’accumule et qu’on ne range pas, j’ai laissé arriver cette angoisse et je l’ai regardée s’installer confortablement dans ma vie.
Avec toujours la même question : qu’est-ce que je fous ici ?

« Trois éléments partageaient donc la vie qui s’offrait alors aux jeunes gens : derrière eux un passé à jamais détruit, s’agitant encore sur ses ruines, avec tous les fossiles des siècles de l’absolutisme ; devant eux l’aurore d’un immense horizon, les premières clartés de l’avenir ; et entre ces deux mondes… quelque chose de semblable à l’Océan qui sépare le vieux continent de la jeune Amérique, je ne sais quoi de vague et de flottant, une mer houleuse et pleine de naufrages, traversée de temps en temps par quelque blanche voile lointaine ou par quelque navire soufflant une lourde vapeur ; le siècle présent, en un mot, qui sépare le passé de l’avenir, qui n’est ni l’un ni l’autre et qui ressemble à tous deux à la fois, et où l’on ne sait, à chaque pas qu’on fait, si l’on marche sur une semence ou sur un débris. »

La nostalgie des années passées, de mon adolescence, un sentiment d’être née à la mauvaise époque. L’impression que tout a déjà été vu, déjà découvert, déjà fait. Un horizon sans espoir où tout est voué à sa perte.
À quoi bon ?
Un mic-mac sans dessus dessous. Aussi foireux que l’administration française mon espoir d’un futur brillant s’est perdu.
Plus personne n’a confiance en personne, les ours polaires se meurt, les politiques puisent dans nos ressources, les gens attendent toujours que leurs voisins bougent pour bouger, l’économie n’a plus de sens, on travaille pour s’offrir un confort.
Faut-il vivre ou subir ?

Triste constat. Comme un goût amer. Une incompatibilité de l’être sensible à s’adapter à son environnement social. Aux exigences du monde et de la société, comme on l’entend.

« Mais la jeunesse ne s’en contentait pas. Il est certain qu’il y a dans l’homme deux puissances occultes qui combattent jusqu’à la mort ; l’une, clairvoyante et froide, s’attache à la réalité, la calcule, la pèse, et juge le passé ; l’autre a soif de l’avenir et s’élance vers l’inconnu. Quand la passion emporte l’homme, la raison le suit en pleurant et en l’avertissant du danger ; mais dès que l’homme s’est arrêté à la voix de la raison, dès qu’il s’est dit : C’est vrai, je suis un fou ; où allais-je ? la passion lui crie : Et moi, je vais donc mourir ?« 

Vivre au présent. Telle est la clé. Est-il possible de vivre au présent sans considérer le futur ? Est-il possible de vivre au présent en occultant le passé ?
Le présent n’est-il pas un pont entre ce que nous pensons être et ce que nous sommes vraiment ?

22 ans de vie sur terre, ce n’est rien. Pourtant ça me parait beaucoup. J’ai déjà 22 ans ? Ou je n’ai que 22 ans ?
La perspective de mon avenir radieux est-elle intrinsèque à ma perception de la vie ? Ou ma vie est-elle déjà régis par un destin ?

« Pour écrire l’histoire de sa vie, il faut d’abord avoir vécu (…) »
Alfred de Musset, La confession d’un enfant du siècle, 1836.

 

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